Théo. – Cela fait plusieurs échanges que nous faisons sur la pratique avancée, sur la divinisation de l’être. J’aimerais aujourd’hui que nous parlions de la nature humaine, de ses qualités, de ses potentiels.

L’Ancien. – Quand je suis en contact avec l’essence divine, je m’enthousiasme et j’ai envie de transmettre tout ce qui m’a été si généreusement offert pendant des décennies. J’ai le souhait de transmettre le meilleur, mais je dois modérer mon impatience.

Théo espiègle :
– Il faut bien que jeunesse se passe.

L’Ancien. – Le taoïsme est un outil idéal pour cela. Il situe l’homme entre Ciel et Terre. Les maîtres taoïstes intègrent naturellement tous les niveaux de l’existence dans leur enseignement.

Théo. – Tout comme Daaji qui est père de famille, homme d’affaires, mystique, scientifique tout en étant un guide spirituel moderne.

L’Ancien. – Les taoïstes, comme mes guides spirituels m’ont toujours intéressé par leur éclectisme, leur liberté de pensée et leur bienveillance. Ils respectent tout et tout le monde. Ils laissent le souffle de la vie les traverser. Ils sont joyeux, leur neutralité peut les faire paraître insouciants, mais ils participent pleinement à ce monde. Ils incarnent bien l’oiseau à deux ailes dont parle le Sahaj Marg. Ils sont naturellement en équilibre entre le matériel et le spirituel.

Théo. – Oui c’est cette sagesse que je voudrais acquérir, mais je suis au début de ma vie. J’ai envie de la vivre intensément, de contribuer à l’évolution de l’humanité à tous les niveaux, et aussi d’être heureux, heureux de vivre, heureux de créer, de partager.

L’Ancien jubile intérieurement face au feu d’artifice de son jeune ami. Seuls ses yeux pétillants laissent transparaître sa grande joie. Son rôle n’est-il pas de canaliser, de guider et d’équilibrer les énergies de Théo ?

Théo voit bien qu’il a touché l’Ancien et que celui ci l’écoute d’un air attendri.

Moqueur, il poursuit :
– Mais je vais peut être trop vite pour toi, reprenons calmement, soyons sympathiques avec les Anciens !

Les deux amis, complices, partent d’un grand éclat de rire.

L’Ancien reprend plus sérieusement :
– Quand je t’ai parlé du taoïsme, j’ai tout de suite pensé au « flow » qui est un état d’excellence que décrivent les psychologues de la psychologie dite « positive ».

Théo. – Pourquoi positive ?

L’Ancien. – Parce qu’elle s’occupe du bien-être des personnes, de leur bonheur, et qu’elle s’est arrêtée de regarder l’être humain à partir de ses pathologies comme le font la psychologie et la psychiatrie classiques. Les neurosciences prennent de plus en plus d’importance. Les scientifiques, en procédant à des recherches sur l’être humain, ont abouti à des conclusions intéressantes.

Théo. – Comme l’intelligence émotionnelle ?

L’Ancien. – Ils se sont rendu compte que le quotient intellectuel (QI) est lié au néo-cortex, qui intègre les informations reçues et permet de prendre des décisions. Mais, pour être à un poste de direction et être efficace, il ne suffit pas d’être « intelligent » : l’intelligence émotionnelle joue un très grand rôle .Les sentiments ont autant d’importance que l’intellect, et permettent entre autres de développer l’empathie .Les scientifiques ont donc créé le quotient émotionnel (QE). Un dirigeant d’entreprise a plus besoin encore de cette intelligence émotionnelle que d’intelligence pure, s’il veut réussir à prendre les bonnes directions, comprendre et percevoir les tendances du marché, passer des contrats avec des interlocuteurs inconnus, rarement bienveillants, parfois rapaces … et je modère mes mots.

Théo amusé :
– Je peux t’aider à en trouver.

L’Ancien. – Il y a donc eu la découverte du QI, suivi du QE, concernant l’intelligence émotionnelle, et aujourd’hui avec Heartfulness, il y a mise en évidence du quotient spirituel, QS, de la connexion du cœur et du cerveau par les voies neuronales. Celui-ci montre la prééminence du cœur, son intelligence. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre.

Théo. – Mais tu m’avais dit que le cœur avait été mis en valeur dans la médecine chinoise traditionnelle dans le Ling Shu et plus tard dans Le traité de la Fleur d’or, il y a plus de cinq mille ans.

L’Ancien. – Il est vrai que la science moderne est récente. Elle n’a pas plus de cent cinquante ans. Parfois la jeunesse est arrogante, elle croit tout savoir. Imagine que dans les années 1970, la science a décrété que l’acupuncture ne faisait plus partie des sciences ésotériques puisque désormais, on pouvait opérer sans anesthésie en stimulant certaines zones avec quatre ou cinq aiguilles : un chercheur avait introduit une substance radioactive dans un point d’acupuncture et ainsi mis en évidence l’existence des méridiens. Or, la science de l’acupuncture était pratiquée depuis plus de trois mille ans !

Théo. – J’ai vu une émission qui montrait une intervention appelée craniotomie suivie d’une intervention sur le cerveau avec une simple analgésie par acupuncture. C’est impressionnant. Le patient était nourri pendant l’intervention.

L’Ancien. – Et en plus il récupère plus rapidement.

Théophile l’Ancien
Extrait de Dialogues avec Théophile l’Ancien
L’initiation de Théophile le Jeune